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| Joseph d'Arbaud |
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| Écrit par Francis Brun | |||
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Joseph d’Arbaud Un illustre enfant de Meyrargues Joseph d’Arbaud est né à Meyrargues, petit village provençal à 15 km au nord d’Aix-en-Provence, le 6 octobre 1874, dans la propriété familiale que l’on appelait « La petite bastide ». Son père, Philippe d’Arbaud (1) était lieutenant de gendarmerie. Sa mère, Marie-Louise Martin, née en 1844, d’une famille cavaillonnaise, fut la première poétesse du Félibrige en publiant en 1863 un recueil de poèmes : Lis amour de Ribas (Les mûres des Rives) et signe d’un pseudonyme éloquent « La Felibresso dou Cauloun » (La Felibresse du Coulon). Le coulon ou cavalon est un ruisseau qui se jette dans la Durance à Cavaillon. Son grand-père maternel, Valère Martin, a de son côté écrit quelques poèmes provençaux qu’il signait lui aussi d’un pseudonyme non moins éloquent « Lou Felibre di Meloun »; les melons, comme chacun le sait, étant une des principales productions de Cavaillon (2). Dès sa naissance, Joseph d’Arbaud a de qui tenir! Après ses études primaires sur place avec un vieil abbé, Joseph d’Arbaud est envoyé au collège St Joseph des Jésuites d’Avignon, de 1884 à 1892 année où il passe son baccalauréat. Très doué, la première année il est premier en orthographe, premier en version latine mais seulement septième en instruction religieuse. Par la suite, il va collectionner les prix ; pour mémoire voici son palmarès de la troisième en 1886 :
C’est l’année du baccalauréat qu’il prend contact avec les milieux félibréens chez son cousin, Folco de Baroncelli-Javon, le futur « Marqués » et qu’il rencontre l’un des meilleurs écrivains de l’époque, Félix Gras. Il passait ses vacances, soit à Meyrargues dans la maison paternelle « La Pichoto Bastisdo », soit chez ses grands-parents maternels, à Cavaillon, où l’on préparait chaque année pour Noël une crèche de grandes proportions. C’est assez dire qu’il fut élevé dans le culte des traditions provençales. Plus tard, il poursuit ses études à l’Université d’Aix où il est étudiant de la Faculté de Droit de 1896 à 1898. Il est alors l’ami d’un groupe de jeunes poètes de langue française, Joaquim Gasquet, Louis le Cardonnel, Xavier de Magallon, qui constituent ce que l’on a appelé « L’école du Feu », du nom de la revue régionaliste qu’ils publiaient et dont, à la mort du fondateur Emile Sicard, d’Arbaud sera le rédacteur en chef. C’est avec ses amis de jeunesse qu’il fait ses premières armes littéraires : les premiers vers qu’il écrit sont en langue française mais les premiers qu’il publiera en 1894 sont écrits en provençal. Cependant, alors qu’il semblait avoir devant lui une carrière toute tracée de magistrat ou d’officier comme son père, et qu’il était en vue dans les salons aixois, il disparaît en 1898 pour rejoindre en Camargue, aux Saintes Maries, son cousin Folco de Baroncelli, passant ainsi de la quiétude plus ou moins oisive des citadins au milieu simple et rude qui est celui des éleveurs de taureaux, retrouvant ainsi les grandes et nobles traditions de la chevalerie : c’est, en effet, à la suite de ce contact prolongé avec les réalités camarguaises que le Marquis crée ce que nous appelons « l’Esprit Gardian », fait d’amour pour les chevaux et les taureaux, de passion pour ce pays unique au monde qu’est la Camargue, le tout couronné par un dévouement inconditionnel à la seule langue que pratiquaient ces gardians, le provençal. Depuis Baroncelli, en effet, un gardian ce n’est plus seulement l’homme de métier qui a ancré au plus profond de lui-même La Fe de la Bouvino, c’est aussi un farouche défenseur de la langue provençale et de Mistral. D’Arbaud, en s’exilant en Camargue, répondait assurément à une vocation profonde, à l’appel de la nature. Il est possible cependant, comme le dit Marcelle Drutel, qu’il y ait eu à ce départ d’autres passions « plus personnelles et mystérieuses ». Quoi qu’il en soit, après avoir appris le métier sous la direction de son cousin Folco, il achète une manade de taureaux croisés au Clos du Radeau, au nord de Port-Saint-Louis-du-Rhône, sur la rive gauche du Rhône. Il est manadier de 1898 à 1906. C’est de cette époque que datent les poèmes des « Cant Palustre » et « Nouvé Gardian », inspirés par la Camargue. Malheureusement, il tombe malade et doit aller se soigner en Suisse, à Montana-sur-Sierre, dans le Valais, presque aux sources du Rhône à l’embouchure duquel il venait de vivre huit années à la fois épuisantes et exaltantes. Il y reste cinq ans et cependant, s’il recouvre la santé, il ne pourra plus reprendre la vie active du manadier. Ce séjour en Suisse sera, d’une manière, bénéfique car il eut ainsi l’occasion de méditer sur la destinée humaine et c’est au cours de ce séjour qu’il écrit les poèmes publiés en 1913 dans « Lou Lausié d’Arle » dont on comprend la mélancolie douloureuse. En 1911, il revient en Provence, à Meyrargues et à Aix, où il vit avec sa mère jusqu’au décès de celle-ci en 1917. Il assiste à Aix en 1913 à la dernière Sainte-Estelle à laquelle ait participé Mistral ; il y passe les premières années de la guerre qui lui inspirent « Li Rampau d’Aram » parus dans Le Feu et recueillis en volume en 1919 : le poète considérait, à juste titre, que sa mission consistait à conserver la mémoire des héros morts. En 1918, il est élu Majoral du Félibrige, à la « Cigalo di Jardin », portée auparavant par Roumanille, Mariéton et Raoul Gineste, et aujourd’hui par Pierre Fabre, actuel Capoulié du Felibrige. En même temps, il prend une part active à l’élaboration de la revue Le Feu dont il est rédacteur en chef de 1917 à 1921 et directeur à la mort d’Emile Sicard, de 1921 à 1938. C’est là une période les plus fécondes de sa vie. Dans Le Feu, il publie des chroniques enflammées où il défend la cause du Félibrige et les libertés provençales ; il fonde, en 1923, le Comté de Revendications Méridionales, à l’occasion d’une campagne parisienne contre les courses de taureaux. Il prend la tête de la Confrérie des Gardians qui existe depuis le XVIème siècle, il est en même temps l’un des animateurs de la « Nacioun Gardiano », groupe fondé par le Marquis de Baroncelli en 1909 et qui s’est donné pour tâche de faire revivre les traditions chevaleresques de gardians ; il donne des conférences, bref il « agit » de son mieux en faveur du maintien des traditions. Il devient Poète-Gardian et le restera pour la postérité. C’est également au cours de cette période qu’il publiera la plus grande partie de son œuvre : « La Bèstio dou Vacarès » (1926) qui marque une date importante dans l’histoire de la prose provençale ; « La Souvagino » (1929), recueil de nouvelles dont les héros sont des animaux vivant en Camargue et que d’Arbaud connaît bien. En 1926 était parue « La Caraco », recueil de nouvelles dont les héros sont encore des camarguais. Il est remarquable que toutes ces œuvres, d’inspiration gardianne incontestable, soient toutes écrites en prose. Le 18 novembre 1934, il est reçu au sein de la Confrérie des Pénitents Gris (dite Bourras) en la Chapelle du même nom à Aix, il y est le 519ème frère Bourras. En 1946, il épouse Mademoiselle Yvonne Recours, de Barjols et vit paisiblement à Aix dans son appartement du 26 cours Mirabeau, jusqu’au 2 mars 1950 où il meurt entouré de l’amitié fidèle de beaucoup de jeunes poètes qui l’ont considéré comme leur maître. Les Bourras l’accompagneront à l’église Saint Jean de Malte, puis au cimetière de Barjols où s’élève un tombeau élégant et évocateur. D’Arbaud laisse une œuvre inédite importante dont n’ont paru jusqu’ici que trois volumes : « Li Cant Palustre » et « L’Espelisoun de l’Autounado », deux recueils de vers, en 1951 et « L’Antifo », un long roman en prose, en 1969. (1) Bruneau DURAND / Joseph d’Arbaud p.47 (2) voir M.Th. JOUVEAU / Joseph d’Arbaud 1984 Il est bon de préciser également que le village lui a rendu un vibrant hommage le 6 octobre 1974 pour célébrer le centenaire de sa naissance. L’école maternelle et une rue portent son nom , un site également ; qui ne connaît « La Fontaine d’Arbaud » (rendez-vous des joueurs de boules et des festivités).
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